La forêt de la Corniche des Forts et ornithomédia

Lu sur le site Ornithomédia


http://www.ornithomedia.com/magazine/analyses/corniche-forts-seine-saint-denis-travaux-imminents-oiseaux-recommandations-etudiants-02602.html
de notre ami David Bismuth, ce remarquable article publié le 16 janvier 2018 :

« Corniche des forts (93) : travaux en 2018, oiseaux et projets d’étudiants

Alors que le comblement (qui s’annonce destructeur) des anciennes carrières doit débuter en 2018, nous faisons un point sur ce projet de base de loisirs en Seine-Saint-Denis.

16/01/2018 | Validé par le comité de lecture


Le plateau de Romainville est une butte-témoin s’étendant dans l’est parisien et au sud-ouest du département de la Seine-Saint-Denis. Sous une couche supérieure de calcaire de Brie s’étend une large épaisseur de marnes à huîtres riches en gypse, qui affleure par endroits sur les pentes et qui est donc accessible à ciel ouvert : cela a facilité le creusement de carrières pour l’exploitation du gypse, qui sert à la fabrication du plâtre. La dernière zone d’extraction, située sur la commune de Romainville, a fermé en 1965.
Ces carrières ont été progressivement reconquises par la nature, et un boisement dense, composé d’Érables plane et sycomore, de Robiniers faux-acacias, de Frênes communs, s’est progressivement développé. Les arbres, parfois d’une taille imposante, sont envahis de plantes grimpantes. Ce type de milieu qui a évolué naturellement en 50 ans, est rare si près de Paris. L’avifaune compte au moins 40 espèces, et des oiseauxpeu communs à moins de 5 km de Paris, comme la Buse variableet le Pic noir, ont déjà été vus.
En 2000, le Conseil régional d’Île-de-France a décidé de créer sur ces anciennes carrières la base régionale de plein air et de loisirs (ou « île de loisirs ») de la Corniche des Forts qui doit s’étendre sur 64 hectares et proposer de nombreuses activités (pelouses, accrobranche, mur d’escalade, poney club…). Mais des travaux, forcément destructeurs pour la faune, seront nécessaires pour sécuriser le sous-sol qui est parcouru de nombreuses galeries. La région Île-de-France a annoncé en octobre 2017 l’aménagement de huit hectares, dont cinq seront accessibles au public, et les travaux de comblement devraient débuter en 2018.
Dans cet article, nous présentons l’historique de ce projet, l’avifaune actuelle et les propositions d’étudiants de l’École Spéciale d’Architecture qui ont visité le site en 2017 et ont recommandé un aménagement doux prenant en compte la nécessité de conserver au maximum cette forêt urbaine.

(Abstract

The plateau of Romainville extends in the east of Paris and in the southwest of the department of Seine-Saint-Denis. Under an upper layer of Brie limestone, there is a large thickness of oyster marls rich in gypsum. Some quarries for the exploitation of gypsum, which is used in the manufacture of plaster, have been opened since the 17th century. The last mining area, located in the commune of Romainville, closed in 1965. These quarries were gradually reconquered by nature, and a dense wooded vegetation, composed of maples and black locusts, has gradually developed. These trees, sometimes quite big, are covered by climbing plants. This type of environment is rare so close to Paris.
At least 40 species have been recorded, and unusual birds within 5 km of Paris, such as the Common Buzzard and the Black Woodpecker, have already been watched. In 2000, the Regional Council of the Île-de-France region decided to create on these former quarries the regional base of the Corniche des Forts which must extend on 64 hectares and offer many activities (lawns, tree climbing, climbing wall, pony club…). But important works, which will be destructive for the fauna, will be necessary to secure the basement.
In October 2017, the Île-de-France region announced the adjusting of eight hectares, five of which will be open to the public, and the works should begin in 2018. In this article, we present the history of this project, its current birdlife and the proposals of students of the Ecole Spéciale d’Architecture who visited the site in 2017 and proposed a gentle development.)

Historique du projet

Dans les années 1990, le Conseil régional d’Île-de-France et la Direction régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports ont sélectionné un site pour créer une future Base de Plein Air et de Loisirs (BPAL). Le secteur des anciennes carrières de gypse, s’étendant sur les communes de Romainville et des Lilas, a été retenu car il est situé dans un tissu urbain dense et pauvre en espaces verts. L’île de loisirs de la Corniche des Forts s’étendra sur les communes de Romainville, Pantin, Les Lilas et Noisy-le-Sec sur 64 hectares, dont plus de la moitié sont d’anciennes carrières de gypse inexploitées depuis 1965.
Le syndicat mixte de la BPAL de la Corniche des Forts a été créé en 2001.
En 2003, le projet a été déclaré d’utilité publique et des procédures foncières ont été mises en œuvre. Un groupement composé des sociétés Ilex, Lion Architectes et EGIS et d’urbanistes a été retenu, avec une proposition catastrophique pour l’environnement (dont des illustrations sont toujours visibles sur le site web du cabinet Ilex), prévoyant un déboisement quasiment total, un bouleversement du relief, une zone commerciale semi-enterrée, un téléphérique…
Les carrières situées sous le parc départemental de Romainville ont été comblées en 2007 par injection d’un coulis de béton. En 2010, de nouveaux travaux ont été réalisés : création de jardins familiaux et de liaisons piétonnes et aménagement des abords de l’ancien château de Romainville. Ce dernier, très dégradé et touché par un incendie en 2010, et dont il ne restait qu’une aile, a finalement été démoli en 2017. Il s’agissait pourtant du dernier vestige d’un bâtiment construit en 1630.
En 2015, des camions ont multiplié les trajets pour stocker le long de l’avenue du Docteur Vaillant (Romainville) un monticule de sable de plus de dix mètres de haut (30 000 m3) provenant d’une carrière du Val-d’Oise et qui doit servir à combler une partie des galeries. 

Des travaux de sécurisation inquiétants

Les anciennes exploitations de gypse ont été menées à ciel ouvert et en souterrain, laissant de nombreuses cavités qui ont entraîné la formation de fontis menaçant la stabilité des terrains. Afin d’ouvrir au public la partie centrale de la future base de loisirs, de lourds travaux de comblement des galeries vont être réalisés. Pour cela, le déboisement de plusieurs hectares, le stockage de plus de 200 000 m3 de matériaux et la construction d’une rampe d’accès aux galeries pour les engins de chantier seront nécessaires. 
La région Île-de-France a fait auprès de la Direction Départementale des Territoires (DDT) et de la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) une demande de dérogation pour la destruction, l’altération ou la dégradation de sites de reproduction ou d’aires de repos d’espèces animales protégées (le dossier de demande peut être consulté en ligne) : on ne sait pas encore si cette autorisation a été accordée, mais l’association des Amis Naturalistes des Coteaux d’Avron (ANCA) avait émis des réserves à son sujet.
Plusieurs techniques de sécurisation seront utilisées : injection de sable, comblement minier et pose de géogrilles en surface. Suite à ces travaux, le périmètre ouvert au public couvrira dans un premier temps environ 14 hectares.
Le coût estimé de comblement des dix premiers hectares s’élève à près de 6,5 millions d’euros. L’enveloppe totale des travaux est pour l’instant estimée à 14,6 millions d’euros.
Cette phase de comblement constitue une véritable menace pour le site : elle a par exemple causé la destruction de la végétation qui recouvrait les anciennes carrières de Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) dans le cadre de la création du parc départemental de la Fosse-Maussoin : lors d’une visite du site en mai 2014, des membres de l’ANCA avaient découvert un « paysage d’apocalypse », éventré et rasé (lire l’article La Fosse Maussoin).

Des travaux prévus en 2018


La région Île-de-France a annoncé en octobre 2017 le lancement d’une nouvelle tranche du projet : elle prévoit l’aménagement de huit hectares, dont cinq seront accessibles au public. Les travaux devraient débuter au début de l’année 2018 et se terminer à la fin de 2019. Les utilisateurs pourront ensuite profiter de « murs d’escalade, d’un poney club, d’espaces de détente et de fitness, d’un solarium et d’une piste cyclable ». Des entrées seront ouvertes dans chacune des communes de la future base.

Des propositions des étudiants de l’ESA

Après avoir découvert le projet initial d’aménagement destructeur du cabinet Ilex, nous avions proposé une autre approche, plus respectueuse du site (lire Une autre approche pour la base de loisirs de la Corniche des Forts).
Grâce à la coordination associative pour le bois de Romainville-La Corniche des Forts, des étudiants de l’
École Spéciale d’Architecture (ESA) ont visité en 2017 les anciennes carrières et ont constaté le caractère particulier de cette forêt urbaine si proche de Paris, qui pourrait constituer un observatoire pour comprendre comment la nature peut recoloniser un espace façonné par l’homme. Sécuriser le site va entraîner une destruction importante et détruire son caractère « naturel ». Or, à l’heure d’un dérèglement climatique accéléré, de l’extinction massive des espèces et d’une pollution atmosphérique urbaine persistante, ne faudrait-il pas au contraire avoir comme priorité la protection de ce « poumon vert » au sein d’un environnement urbain dense ?
En outre, cet espace boisé joue un rôle local dans l’abaissement des températures en été.
Dans le cadre d’un atelier du Master-Lab « Habiter l’Anthropocène », ils ont proposé des projets d’aménagements doux tenant compte du sous-sol instable.
Leurs propositions se sont déclinées en trois catégories : traitement du contour, de la surface et de la sous-face. La situation enclavée des anciennes carrières nécessite en particulier de travailler sur les bordures afin de faciliter les échanges via des « poches » s’avançant dans la forêt. Une promenade sécurisée permettrait de traverser la forêt en hauteur ou au sol. Des accès limités aux galeries pourraient être créés.
Les propositions ont été exposées dans les bâtiments de l’ESA en décembre 2017 et elles peuvent être vues en 
cliquant sur ce lien.

Flore et insectes

Le cabinet d’étude Écosphère avait réalisé en juillet 2001 une étude écologique du secteur : 218 espèces végétales avaient été recensées.
Le site est en grande partie couvert d’un boisement assez dense d’Érables plane (Acer platanoides) et sycomore  (Acer pseudoplatanus), de Robiniers faux-acacias (Robinia pseudoacacia) et de Frênes communs (Fraxinus excelsior). Les arbres sont souvent couverts de Lierre grimpant (Hedera helix), de Clématite vigne-blanche (Clematis vitalba) ou de Houblon grimpant (Humulus lupulus), ce qui est désormais assez rare dans les espaces boisés de la banlieue parisienne. La strate arbustive est dominée par les fourrés à Sureaux noir (Sambucus nigra) et yèble (S. ebulus) très intéressants pour les oiseaux migrateurs (ils fournissent des baies en automne). On trouve aussi des bosquets isolés de Lilas communs (Syringa vulgaris)(notamment près de l’ancien château de Romainville) et de Buddléias du père David (Buddleja davidii) dans les endroits ensoleillés.
Dans les zones humides et ombragées se développe un sous-bois dominé par la Grande Ortie (
Urtica dioica).
Trois espèces végétales patrimoniales inféodées aux milieux ouverts ont été trouvées : la Fausse  Giroflée (
Erysimum cheiranthoides), rare en Île-de-France, l’Agripaume cardiaque (Leonurus cardiaca) très rare dans la région, et le Céraiste aquatique (Myosoton aquaticum).
Les papillons et les hyménoptères sont parfois nombreux au printemps et en été, butinant les massifs de Verges du Canada (
Solidago canadensis), d’Épilobes à feuilles étroites (Chamerion angustifolium) et de Renouées du Japon (Reynoutria japonica).
Des photos du boisement actuel sont présentées dans notre 
galerie Flickr.


Les oiseaux du site de la future base de la Corniche des Forts

Depuis l’arrêt il y a plus de 50 ans de l’exploitation des carrières de gypse, une végétation spontanée s’est peu à peu développée et a progressivement évolué vers un habitat boisé. Hormis quelques études ponctuelles commandées par la région Île-de-France depuis 2001, le site a été peu prospecté d’un point de vue ornithologique. Les données collectées depuis 2011 à l’occasion de sorties conjointes avec les associations Noisy-le-Sec Environnement et ANCA ont permis de confirmer l’existence d’une avifaune forestière typique et d’entrevoir le rôle de « refuge » que cet endroit semble jouer pour les oiseaux des milieux boisés au sein d’un secteur très urbanisé.
Conformément aux études menées en 2001, 2011 et 2012 par deux cabinets d’études (Écosphère et Biotope), nous avons observé un cortège classique des oiseaux forestiers nicheurs de la région (40 espèces), comprenant notamment les Pics épeiche (
Dendrocopos major) et épeichette (Dendrocopos minor), l’Accenteur mouchet (Prunella modularis), la Fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla) (forte densité), la Grive musicienne (Turdus philomelos), les Mésanges bleue (Cyanistes caeruleus), charbonnière (Parus major) et à longue queue (Aegithalos caudatus), le Merle noir (Turdus merula), le Pigeon ramier (Columba palumbus), le Pouillot véloce (Phylloscopus collybita), le Rouge-gorge familier (Erithacus rubecula), le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes), le Serin cini (Serinus serinus) (en bordure de site, du côté du cimetière de Romainville) et le Geai des chênes (Garrulus glandarius).
Le Bouvreuil pivoine (
Pyrrhula pyrrhula), en déclin, nicherait aussi selon l’étude d’Écosphère de 2001, mais nous n’avons pas (encore) contacté ce passereau aux périodes favorables.
Les grands arbres permettent la nidification des pics, de la Chouette hulotte (
Strix aluco) (au moins deux couples) et de l’Épervier d’Europe (Accipiter nisus) (au moins deux couples).
Le 16 juin 2013, les cris et le chant du Loriot d’Europe (
Oriolus oriolus) (au moins deux oiseaux) ont été entendus dans le secteur de l’ancien château de Romainville : le site est favorable à une nidification de l’espèce, et la date tardive ne plaide pas vraiment en faveur de simples migrateurs.
Ces espèces confirment le caractère clairement forestier de cet espace, les observations répétées de l’Écureuil roux (
Sciurus vulgaris) constituant une autre preuve. D’autres sorties pourraient conduire à la découverte d’espèces potentiellement nicheuses, comme le Gobemouche gris (Muscicapa striata).
Notons par ailleurs l’installation récente du Faucon pèlerin (
Falco peregrinus) sur la tour hertzienne TDF, voisine des anciennes carrières : ce rapace pourrait profiter des rassemblements automnaux et hivernaux de Pigeons ramiers.


Un site en évolution, et une avifaune qui change

Depuis la fin de l’exploitation des carrières, le paysage s’est progressivement transformé en un boisement dense. En 2001, le cabinet Écosphère avait signalé l’observation de la Rousserolle verderolle (Acrocephalus palustris), une espèce nichant dans les fourrés humides et les clairières, mais cette fauvette n’a pas été vue ni entendue depuis, signe probablement d’une évolution vers un état forestier stable.
Le cabinet Biotope avait observé en 2012 le Pigeon colombin (
Columba oenas), un oiseau discret nichant dans les cavités. La présence d’arbres de taille respectable (un Robinier faux-acacia d’une circonférence de quatre mètres a par exemple été découvert au pied du front de taille) devrait dans l’avenir (si le milieu n’était pas modifié) accueillir d’autres espèces cavicoles : la prochaine « sur la liste » pourrait être la Perruche à collier (Psittacula krameri), de plus en plus souvent notée dans le secteur.
La Buse variable (
Buteo buteo) a été observée au printemps 2011 (un couple en parade) et au printemps 2012 (un individu entendu), des données rares en proche banlieue parisienne. Un contact auditif bref a aussi été obtenu en mai 2013, et un autre oiseau a été observé le 1er juillet 2015. Ce rapace de taille moyenne a sûrement été attiré par ce bloc forestier qui agît comme un « aimant » pour les oiseaux forestiers, dans un océan urbain dense.
Une installation future du Pic noir (
Dryocopus martius), un oiseau en expansion dans la région, n’est pas impossible à moyen terme (pour le moment, aucune donnée n’a été collectée) : un mâle très bruyant a d’ailleurs été observé le 17 août 2015 à proximité immédiate des anciennes carrières de Romainville, à la limite entre le parc de la République (Pantin) et le parc de Romainville.
En décembre 2017, des cris de Gros-becs cassenoyaux (
Coccothraustes coccothraustes) ont été entendus, une donnée qui s’inscrit dans le cadre de l’afflux de l’automne constaté en Europe (lire L’automne 2017 et l’afflux des Gros-becs cassenoyaux en Europe de l’Ouest).

Durant les migrations et en hiver

Les rares inventaires menés par les cabinets d’étude n’ont pas vraiment recensé l’avifaune migratrice et hivernante : or étant donné la taille du site, il joue forcément un rôle d’accueil et de refuge pour les oiseaux forestiers migrateurs et hivernants.
À la fin de l’été et en automne, le Gobemouche noir (
Ficedula hypoleuca) est à rechercher en bordure de sous-bois. Et d’autres passereaux (pouillots, fauvettes…) font certainement une halte en automne car les insectes et les baies sont abondants car la nature a pu évoluer spontanément.
La butte naturelle centrale qui domine les alentours constitue potentiellement un bon site de suivi de la migration (rapaces, passereaux…) : un Milan noir (
Milvus migrans) a ainsi été observé en septembre 2012. Des Bondrées apivores (Pernis apivorus) survolent le site au début du mois d’août.
En octobre, de grandes troupes de Pigeons ramiers (
Columba palumbus) séjournent sur le site.
Des fringilles fréquentent la zone en hiver : un petit groupe de Chardonnerets élégants (
Carduelis carduelis) a par exemple été vu à la fin 2012 dans une zone à cardères. Les Pinsons des arbres sont alors aussi plus nombreux, et il faut rechercher parmi eux un éventuel Pinson du Nord (Fringilla montifringilla).
Des « rondes » de passereaux, constituées principalement de plusieurs espèces de mésanges, et auxquelles se joignent régulièrement le Roitelet huppé (
Regulus regulus), sont visibles à cette période de l’année.
Un important dortoir de Corneilles noires (
Corvus corone) (plusieurs centaines d’oiseaux) se forme entre novembre et mars.

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