Pantin : quand le maire, Bertrand Kern, devient favorable à la dépénalisation du cannabis !

Pantin : quand le maire, Bertrand Kern, devient favorable à la dépénalisation du cannabis !

Les Verts avaient raison. Confronté au trafic de cannabis, le maire de Pantin rejoint Daniel Vaillant (après qu’il ait été ministre de l’intérieur) et B. Leroux, l’ex-député de Saint-Ouen (avant qu’il ne devienne ministre de l’intérieur).

 

Et si nos politiques prenaient – enfin – leur courage à deux mains ?

Lu dans Le Parisien du 2

4 avril  :

 

« Pantin : la difficile guerre d’usure contre les dealers de l’îlot Scandicci

Nathalie Revenu et Victor Tassel 24 avril 2018

Le commissariat local tente de lutter contre le trafic de drogue très présent dans ce quartier. Une trentaine d’interpellations ont permis de déranger le business.

En matière de trafic de drogue, l’îlot Scandicci, à Pantin (dit aussi l’îlot 27) « est l’un des mieux protégés et des plus prolifiques de la ville », indique Frédéric Segura, commissaire de Pantin.

Ouvert de 11heures à 1 heure du matin, 365 jours par an. Le point de deal peut compter sur une quinzaine de personnes en simultané. Les guetteurs, qui communiquent par talkies-walkies, sont omniprésents dans les rues ceinturant l’îlot, sur la dalle, dans les étages des immeubles et même sur les toits.

Parfaitement rodée, cette PME du shit engrange de substantiels bénéfices. Le patron de la police de Pantin avance un chiffre d’affaires de 100 000 € par mois : « Lors des pics de vente entre 16heures et 20 heures, certains vendeurs peuvent effectuer 20 transactions par heure. »


« Il faut qu’ils se disent qu’ils peuvent se faire surprendre à chaque moment »

L’îlot Scandicci réunit tous les atouts pour les trafiquants. Sa situation : les immeubles du 10-12 Scandicci forment un labyrinthe idéal pour échapper aux forces de l’ordre. « Le four » est très bien desservi par les transports en commun et, dit-on, la marchandise est plutôt de bonne qualité. Son succès aiguise aussi les rivalités. En février, deux jeunes ont été blessés par balle au 10-12 Scandicci.
Pour casser ce juteux business, la police de Pantin se livre depuis plusieurs mois à une guerre d’usure. « Nous y sommes tous les jours. Le but c’est de les mettre dans un état d’intranquillité. Il faut qu’ils se disent qu’ils peuvent se faire surprendre à chaque moment », poursuit le commissaire. La brigade spécialisée de quartier (BSQ) et la brigade anticriminalité (BAC) sont en première ligne.

Malgré un trafic endémique, comparable économiquement à certains points de vente de Saint-Ouen, ce secteur de Pantin n’est pas classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP). Ce qui pourrait lui octroyer des moyens dédiés à la lutte contre le trafic de drogue.

La stratégie du harcèlement menée par le commissariat a pourtant porté ses fruits. Une trentaine de personnes ont été interpellées depuis janvier, deux individus ont été incarcérés, certains ont été « interdits de paraître » dans le secteur. La moitié sont des mineurs et un tiers originaires de la cité. Quelques milliers d’euros ont été saisis et 1,2 kg retrouvé chez une nourrice.


Le bailleur a distribué des bips d’entrée aux habitants

Le trafic n’a pas disparu. Il s’est déporté de l’îlot 27 vers les abords des ateliers Hermès (rue Auger) et du stade Jules-Ladoumègue. « C’est une entreprise pilotée à distance qui tient. Les équipes se reconstituent mais avec des gens moins aguerris », note le commissaire.

Complémentaire à l’action de la police, celle des bailleurs a consisté à empêcher les trafiquants de réinvestir l’immeuble. « Coopération et Famille » a distribué, il y a un mois, des « bips » d’entrée aux habitants. Des caméras avaient déjà été installées l’été dernier. Les habitants qui vivent un enfer expriment le sentiment d’avoir été « à la solde » des dealers. « Ils passaient dans les étages pour nous menacer, relate Salim. On ne pouvait pas s’exprimer. Si j’ouvre ma bouche, ils vont tabasser mon fils. La police est de plus en plus présente. Mais les dealers reviennent toujours… »


Bertrand Kern, maire PS de Pantin : « En dépénalisant, nous pourrions contrôler la consommation »

Le maire (PS) de Pantin, Bertrand Kern, regrette le manque d’officiers de police judiciaire dans sa ville et se dit favorable à la dépénalisation du cannabis pour lutter contre le trafic.(C’est nous qui soulignons.Ndlr)


Comment l’îlot 27 est-il devenu l’un des plus gros points de deal de Pantin ?

Il y a une industrialisation de la production et de la vente dans ce secteur. Un cap a été passé il y a quelques mois. Avec la proximité du métro et du tramway, l’accès est très facile. Le problème, ce sont les personnes qui viennent. C’est la loi de l’offre et de la demande. Nous manquons d’officiers de police judiciaire. Les procédures pénales n’aboutissent pas assez.


Comment luttez-vous contre ce fléau ?

Nous tentons d’accompagner les actions de la police et du bailleur. Nous allons installer de nouvelles grilles aux 21, 23 et 25, rue Auger. Surtout, en tant que maire, je peux dire aux enfants de bien travailler à l’école. Mais quand un dealer vient leur proposer 150 € par jour pour faire le rabatteur ou surveiller un point de deal, je ne peux pas lutter. Tous ces gosses se font avoir par l’argent facile. On ne peut pas laisser nos quartiers dans cette situation.


Comment y mettre fin ? Etes-vous favorable à la dépénalisation ?

Un débat sur cette question est inévitable. En dépénalisant, nous pourrions contrôler la consommation. Cela endiguerait le trafic dans nos quartiers. Si demain, un consommateur peut aller dans une boutique spécialisée, pourquoi irait-il en bas des immeubles d’un quartier populaire ? (C’est nous qui soulignons. Ndlr).»

Pierre Mathon

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2 réflexions au sujet de « Pantin : quand le maire, Bertrand Kern, devient favorable à la dépénalisation du cannabis ! »

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