Grave accident militaro-nucléaire en Russie

Grave accident militaro-nucléaire en Russie.

Décidément, la Russie de Poutine n’a pas perdu les habitudes du secret stalinien, renforcé ici par le caractère miltaire et nucléaire de l’accident, alors même que les faits commencent à être connus.

Après deux jours de silence sur l’énorme explosion intervenue jeudi 8 août sur une base de tir de missiles dans le Grand Nord, Poutine commence à reconnaître quelle avait bien un caractère nucléaire et a revu à la hausse le bilan des victimes. Les images qui ont filtré de l’accident sont spectaculaires et l’événement fait penser à l’accident en 1986 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl, les autorités soviétiques ayant cherché pendant plusieurs semaines à cacher l’ampleur du désastre. 

Dans un communiqué, l’agence nucléaire russe Rosatom a annoncé que cinq membres de son personnel avaient été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées. Rosatom a précisé que les membres de son personnel fournissaient de l’ingénierie et du support technique pour « la source d’énergie isotopique » du moteur du missile, alors que l’armée n’avait pas décrit l’accident comme impliquant du combustible nucléaire. L’accident a touché une base du village de Nionoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques. 

Dans le communiqué, l’agence a plus tard donné davantage de détails sur le drame, précisant qu’il s’est déroulé sur une « plate-forme maritime » et que l’explosion a jeté plusieurs employés de Rosatom à la mer. « Les recherches ont continué tant qu’il restait de l’espoir de les retrouver vivants. Seulement après ça, nous avons fait état de la mort des cinq collaborateurs de Rosatom ». 

Immédiatement après l’accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s’étaient produits au cours de l’essai d’un « moteur-fusée à ergols liquides » et fait état de deux « spécialistes morts des suites de leurs blessures » et de six autres blessés.

« Notre hypothèse de travail est que cet événement était lié au Bourevestnik », un missile à propulsion nucléaire dévoilé en grande pompe par Vladimir Poutine en février, a indiqué sur Twitter Jeffrey Lewis, un expert à l’Institut d’études internationales de Middlebury à Monterey. Il se fonde notamment sur des images satellites montrant que la Russie a récemment réaménagé un pas de tir de la base de Nionoksa et sur la présence au large du Serebrianka, d’un bateau de la marine russe déjà utilisé pour récupérer des missiles nucléaires après des essais.  

Ce missile, pas encore au point selon les spécialistes, « contient une sorte de réacteur miniaturisé dans ses unités de propulsion. Un crash provoquerait probablement une dispersion significative » d’éléments radioactifs, précise sur Twitter Ankit Panda, de la Fédération des scientifiques américains. 

Un expert de l’Institut pour la recherche nucléaire de Moscou, Boris Jouïkov a déclaré au quotidien RBK que les sources d’énergie isotopiques servaient principalement dans l’industrie spatiale et ne présentaient habituellement pas de danger pour les utilisateurs. Les niveaux de radioactivité impliqués n’ont « absolument rien de comparable avec ceux d’accidents sérieux dans des réacteurs », a-t-il assuré. 

Cette assurance nous « rassure »…

Mais vous ne lirez pas tout dans la presse du Kremlin !

Pierre Mathon avec l’Express.fr

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